Plaidoyer pour la Création d'un Réseau d'Inter connexion pour le Développement de l'Economie Numérique en RDC (suite)

Publié le par Congo Internet Consortium

 

Ø      Du Point de vue socioculturel

 

 

Un réseau de cette envergure créée, représentera sans nul doute, l’un des  plus grands réseaux informatiques au monde ; par rapport à son étendue géographique.

L’utilité économique de ce réseau ayant été dégagée ; il sied désormais d’en dégager l’utilité sociale.

 

Tel qu’évoqué dans les barrière ou clivages culturels, ce réseau n’obtiendra pas le succès que nous escomptons de lui, tant qu’il n’aura pas intégré la question de l’appropriation technologique ; par des élites locales. Mais aussi et surtout, les revenus engendrés doivent également être investi dans des programmes de formation permanente.

 

Dans des contrées où la technologie fait encore figure de prédateur et, dont les gens se méfient ; il est important d’encadrer les populations locales en les initiant graduellement à l’utilisation de ces techniques.

 

Cette approche revêt un caractère anthropologique et psychologique important ; dans la mesure où elle permet d’encadrer les populations ; dans le but bien précis d’en faire les consommateurs de demain.

 

Elle s’inscrit donc dans la volonté d’échapper à la règle qui veut qu’à chaque grande mutation ; qu’il y’ait une grange de la population ; qui faute de ne pas s’y être adapté, soit laissé pour compte.

 

En plus de l’impératif économique et de l’impact culturel ; il y’a également la motivation de répandre les bienfaits issus de la plus-value générée par la croissance économique engendrée, sur toute la population.

 

Le développement d’une élite local est donc une donne crucial. L’absence d’une classe d’entrepreneurs nationaux dynamiques pour diriger le processus d’appropriation technologique serait préjudiciable.

Le fait que  les préalables d’une culture industriel pour soutenir la professionnalisation et le transfert technologique sont absent ; réduit l’impact des bénéfices tiré de ces opérations.

La nécessité d’intégrer les populations des provinces où sont répartis ces antennes relais doit figurer parmi les priorités à envisager.

 

Aussi une partie des revenus générés par ces opérations devront, alimenter un fond spécial pour soutenir les actions des acteurs et agents de développement ; dans la vulgarisation, et l’apprentissage de ces technologies.

Ces fonds permettront aussi par ricochet, de financer l’élaboration des politiques et des structures nationales sur les Technologies de l’Information et de la Communication.

 

 

Ø      Du Point de vue de l’Utilité

 

La création  d’un réseau d’une telle envergure et d’une structure pour sa régulation, est une grande aubaine sur le plan organisationnel pour les entreprises.

 

La présence de ce réseau, ainsi que la masse de consommateurs dont il regorgera est un stimulant énorme, car pour pouvoir rester compétitif et gagner des parts de marché, les Entreprises devront se montrer plus imaginatives et plus agressives dans la gestion de leur relation avec leur Clients.

 

La traque permanente aux Cyber consommateurs les incitera à innover,  à créer, à se démarquer les unes des autres ; à se transformer pour fidéliser leur clientèle.

C’est là un atout psychologique qui laissera la place aux plus ingénieux, qui au risque de se voir disparaître du Cyber espace, innoveront de plus en plus ; et stimuleront la concurrence et l’innovation.

 

 

Ø      Le Rôle de l’Etat

 

 

Le Gouvernement, loin de demeurer dans l’attentisme, devra se positionner également en acteur de cette initiative, mais uniquement à l’aboutissement du processus.

Nous suggérons au Gouvernement qu’il puisse laisser libre cours à l’initiative privée pour le financement du Réseau et la constitution de la structure régulatrice.

 

Son rôle ne se matérialisera que par la mis en place avec les partenaires du secteur, d’une politique nationale concertée, sur les Technologies de l’Information et de la Communication. ; Mais également dans celui de l’intégration progressive d’Internet dans le Réseau.

 

Les Autorités congolaises pourrait ainsi saisir la balle au bond pour donner un nouveau souffle à l’Office Congolais des Postes et télécommunications (OCPT), en offrant ainsi à cette Entreprise, l’occasion de devenir Fournisseur d’Accès à Internet au niveau national.

 

Les intérêts de l’Etat seraient ainsi représentés dans ce Réseau par la prestation de l’OCPT.

Une fois le Commerce électronique arrivé à son essor ; la Phase finale consistera à diffuser Internet à travers le réseau.

 

 

Ø      l’Utilisation du Réseau à des fins électorales

 

 

L’utilisation du Réseau dans des opérations électorales est également une sérieuse possibilité à envisager. En effet, l’an 2006 a été le témoin des difficultés pratiques, organisationnelles et techniques pour la Commission Electorale Indépendante (CEI) dans l’organisation des élections dans notre Pays.

 

Des défaillances qui n’ont cessé d’entamer la crédibilité de cette Institution, mais également celle du Gouvernement.

 

Pour preuve, Nous reprenons  une partie d’une dépêche de l’Agence France Presse publié le samedi 15 Juillet 2006 sur la perte des noms de 1,2 millions d’électeurs suite à plusieurs défaillances techniques dues aussi bien aux modes de transmissions des données qu’à leur méthodes de conservations.

 

Agence France Presse

samedi 15 juillet 2006

"Nous avions établi le chiffre de 25,7 millions d'électeurs enregistrés à partir des données envoyées au fur et à mesure (par téléphone, Internet) par
les centres d'inscription au central de Kinshasa. Il y a plusieurs centres où des données ont été mal saisies, où des CD-Rom ont été endommagés ou ne sont
jamais parvenus à Kinshasa", a expliqué à l'AFP un responsable des opérations de la CEI, s'exprimant sous couvert d'anonymat.

Certains CD-Rom de données ont été détruits par des agents de la CEI qui protestaient contre les retards de paiement de leurs primes, d'autres ont été
endommagés dans le transport, d'autres enfin se sont avérés illisibles par le serveur central du fait d'erreurs de saisie dans les codes des bureaux
d'inscription.

"Les électeurs existent bel et bien. Ils ont reçu leurs cartes, dont nous avons les numéros, mais nous avons perdu leurs noms", a affirmé le responsable
de la CEI.

"Le jour du vote, nous afficherons à côté des listes électorales, des listes comportant les numéros des cartes qui devront être complétées du nom
des électeurs correspondant, sur présentation de leurs cartes électorales", a-t-il ajouté.

Ces dysfonctionnements concerneraient 1.029 des 9.200 centres d'inscription du pays.

 

Tel qu’on peut le constater en lisant cette dépêche, la crédibilité du Gouvernement, pouvoir organisateur des élections en RDC, ainsi que de sa structure technique d’exécution, la CEI, ont été fortement remis en question.

 

Surtout du fait, que des sommes considérables avaient été investis par les partenaires extérieures pour la bonne réussite du processus.

 

Le réseau que nous proposons pourra alléger les efforts de mobilisations de fonds du gouvernement pour l’Organisation des élections, en fournissant à la Commission Electorale, au regard des divers spécificités techniques que nous avons décrites ; une plateforme fiable, pour pouvoir effectuer la collecte et le rapatriement de données électorales, à un Centre Nationale de Traitement,  en  Temps Réel.

Les détails à ce propos seront également étayés dans le Rapport Final.

 

 

Ø      Conclusion

 

 

Cette étude n’a servi qu’à dégager un aperçu de la vision des différents partenaires impliqués dans cette dynamique ; à savoir l’Université Catholique du CEPROMAD et le Congo Internet consortium.

 

Notre approche n’a pas consisté à parler de l’extension première d’un Réseau Internet à l’échelle nationale, tel que décrit le schéma du Backbone de la DMTIC.

Elle s’est plutôt penchée sur la question des coûts d’investissements directs, sur

 l’accessibilité et la capacité de la technologie proposée, ainsi que des possibilités d’expansions futures.

 

Cette logique nous a permis de dégager la valeur ajoutée résultant de l’exploitation première du réseau pour favoriser l’essor de l’économie numérique.

 

Un essor gage de croissance ; et de prospérité, initié dans l’intention de mobiliser les fonds nécessaires, à la mise en place d’une Politique nationale et de structures adéquates sur les technologies de l’Information et de la Communication ; à l’accroissement du Chiffre d’affaire des entreprises ; au renforcement des capacités managériale des agents économiques, au transfert technologique et à la réduction de la fracture numérique.

 

Ce n’est qu’une fois ces différentes étapes atteintes, que l’intégration et la généralisation d’Internet sur le Territoire Nationale est envisageable.

 

Cette étude a ainsi mis en exergue la dimension économique, mais aussi anthropologique et sociale ; facteurs trop souvent mis de côté dans les projets de ce type dans notre Pays.

 

En intégrant le développement de l’économie d’abord à l’usage des entreprises ; nous balisons la voie au réel essor du Congo et de sa mise en orbite dans le concert des nations, à l’ère de la mondialisation.

Ce modèle de développement peut également s’adapter dans d’autres pays Africains se trouvant dans le même contexte que la RD Congo,  pour stimuler la croissance et se mettre sur les rails de la « Net économie ».

 

Le Réseau que nous proposons offre un grand avantage en terme de coût d’exécution, d’entretien et de mode de gestion.

Une gestion partiellement automatisée et sécurisée, aussi bien du côté des gestionnaires que des utilisateurs.

Une couverture quasi-totale de l’ensemble du territoire national, à l’exception des zones géographiquement difficile d’accès et encore non pacifié.

 La possibilité d’inter connexion avec les réseaux de téléphonie cellulaires.

 

Les frais d’installation du réseau et de sa mise en route sont élevés à  35 millions de $.

(Frais de gestion du projets et location bande satellite non inclus)

 

Sa mise en route se fera en trois phases :

 

-         la première phase (10 millions de $) consiste à la mise en place du réseau dans les chefs lieux des provinces

-         la deuxième phase (20 millions de $) ; est l’extension du réseau dans les autres agglomérations et zones marchandes de la république.

-         La troisième phase (5 millions de $) ; finalisation de la mise en place du réseau ; et test à l’échelle nationale.

 

La liste des fournisseurs et équipementiers dont les prix des produits nous ont servi de référence pour le calcul du coût de mise en route du réseau sera disponible dans le Rapport Final.

 

L’estimation du nombre d’abonnés ou d’utilisateurs du réseau est estimée à 500 000 utilisateurs.

Le débit de transfert en local variera entre 128 et 512 Kbps.

 

 

KALONJI  BILOLO  Trésor  Dieudonné

Assistant à la Recherche

tresorkalonji@yahoo.fr

Publié dans Divers

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Erwin 30/08/2008 21:55

"Le débit de transfert en local variera entre 128 et 512 Kbps." Le débit est vraiment faible. Mais bon il faut bien un début à tout...